Lorsque transmission du savoir rime avec protection de l’identité: le rôle inconnu que joue les universités québécoises dans le rayonnement de la culture d’ici
Dans un contexte où l’indépendance du Québec reprend en popularité à travers la province et que nos politiciens proposent toutes sortes de solutions pour défendre et assurer la pérennité de l’identité québécoise, plusieurs thèmes sont considérés comme étant centraux à cette lutte. Entre protection de la langue française, principes de la laïcité, ou encore contrôle du seuil de l’immigration, chaque parti politique a sa solution pour assurer la protection de la culture et de l’identité québécoise. À travers ce débat, l’impact que les universités locales ont dans la protection de notre identité nationale est souvent passé sous silence.
Les universités québécoises et le rayonnement de la province à l’international, un cocktail gagnant
Le milieu universitaire permet, entre autres, au Québec, d’être reconnu à l’international. Le travail de personnalités telles que celui de Yoshua Bengio, chercheurs et professeurs au département d’informatique et de recherche opérationnelle de l’Université de Montréal, agit comme vitrine pour le Québec à travers le monde. Monsieur Bengio, en novembre dernier, a dépassé le million de citations sur le site Google Scholar, un site qui répertorie les articles scientifiques. Avec cet exploit, ce professeur de l’Université de Montréal devient un des chercheurs les plus cités dans le monde et est aujourd’hui considéré comme une sommité dans le domaine de l’intelligence artificielle.
D’autres intellectuels, tels que Pierre Nepveu, se démarquent plutôt en jouant un rôle primordial dans la recherche et la préservation de la culture nationale. En effet, en plus d’être un professeur émérite de l’Université de Montréal, monsieur Nepveu est à l’origine de plusieurs ouvrages portant sur la littérature québécoise. De plus, étant spécialiste de Gaston Miron, un poète québécois, ce chercheur contribue directement à la conservation d’œuvres clés provenant d’ici.
Toutefois, les universités québécoises ne contribuent pas seulement au rayonnement de la culture par l’intermédiaire de leurs professeurs, mais aussi grâce à leurs diplômés. Carole David, pour ne citer qu’elle, est une diplômée de l’Université de Sherbrooke en études françaises. Elle est aujourd’hui reconnue à l’international en tant qu’ écrivaine et ses œuvres ont connu un succès mondial.
Quand l’ouverture sur l’international se met au service de la culture d’ici
Par la suite, l’impact qu’ont les universités québécoises sur la culture provinciale peut aussi être mesuré en prenant compte du nombre d’étudiants internationaux qui les fréquentent. En 2025, le total d’étudiants internationaux inscrits dans des universités québécoises s’élevait à 50 515. Pour l’identité, avoir un grand nombre d’étudiants internationaux à un impact d’envergure. En plus d’être synonyme de prestige pour les universités locales, avoir des étudiants étrangers qui sont initiés, lors de leurs séjours, à la culture et à l’enseignement façon québécoise, est bénéfique pour cette province qui se distingue par son identité unique en Amérique du Nord.
La défense de l’identité, une lutte qui se fait sur plusieurs fronts
Lorsque l’on traite d’identité québécoise, il est primordial de mettre de l’avant la pluralité qui existe au sein même de cette dite identité. Ici, le terme pluralité fait référence aux diverses identités autochtones qui découlent des multiples cultures des premiers peuples habitant le territoire québécois. Dans un contexte où les langues des Premières Nations sont de moins en moins parlées, les cultures autochtones sont, encore aujourd’hui, en danger. C’est dans ce contexte que des projets comme la Maison du savoir entrent en scène. La Maison du savoir est la première Université du Québec faite par des Autochtones et pour des Autochtones. Avec comme mission la protection de la culture et de la langue, encore une fois, un établissement universitaire québécois se démarque par son rôle clé dans la défense de l’identité.
L’étude du Québec, un sujet à l’étranger?
L’apport universitaire à la culture d’ici ne s’arrête pas seulement à ses frontières. L’étude du Québec est présente dans plusieurs milieux universitaires à travers le monde. Un volume de la revue d’études Globe, parut sous la direction de Daniel Chartier, nous apprend que des universités dans plusieurs pays, tels que L’Allemagne, l’Inde, la France, la Chine, les Pays-Bas ou même l’Ouzbékistan, pour ne citer qu’eux, ont des départements consacrés à l’étude du Québec.
Qu’elle soit faite conjointement à celle du Canada ou non, cette étude contribue à ce que le Québec ait un écho à l’extérieur de ses frontières, un écho qui se fait entendre un peu partout à travers le monde.
Pour le Québec, l’université est donc bien plus qu’un milieu d’enseignement et de savoir, c’est un rempart important dans la défense de sa culture et de son identité. Alors que nous vivons dans une époque où la protection de l’identité devient un sujet de plus en plus présent dans l’espace public, notre milieu universitaire nous démontre qu’il a les outils nécessaires pour être un élément central de cette lutte et qu’il peut même être une alternative aux solutions qui sont actuellement proposées dans le discours populaire.
