Elon Musk et le séparatisme au Canada : des intentions cachées?
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L’enjeu de l’indépendance a occupé une place importante lors des élections provinciales québécoises, mais aussi en Alberta, dans le contexte d’un référendum. À un tel point que l’homme le plus riche du monde, Elon Musk, qui à première vue n’est pas directement concerné par le séparatisme au Canada, s’est prononcé sur le sujet. Sans surprise, il s’est déclaré en faveur de l’indépendance du Québec, lui qui n’a jamais caché son mépris envers le Canada, dont il considère les politiques comme étant trop progressistes. Il a également appelé l’Alberta et la Saskatchewan à se séparer du Canada. Derrière ce soutien apparent, les intentions de Musk suscitent différentes interprétations.
Musk prend position
Rappelons que le Parti québécois, un parti souverainiste qui a récemment remporté les élections provinciales québécoises, a promis de tenir un référendum sur l’indépendance du Québec, mais seulement après le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche. C’est dans ce contexte que Musk s’est prononcé en faveur de cette idée en répondant à une publication du site de paris en ligne Polymarket, qui citait le rêve de Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), chef du Parti québécois, de rendre le Québec indépendant. De plus, Musk a renforcé sa position en ajoutant, dans une seconde publication, que l’Alberta et la Saskatchewan devraient elles aussi se séparer du Canada, faisant ainsi un clin d’oeil aux mouvements séparatistes de l’Ouest canadien.
Les motivations de Musk
Alors que certains considèrent qu’il s’agit simplement de déclarations de type rage-bait, c’est-à-dire de publications provocatrices visant à accroître l’engagement, ou simplement d’un appui à la souveraineté, d’autres y voient une tentative de déstabiliser le Canada. C’est le cas de Quinn Slobodian, historien à l’Université de Boston et coauteur du livre Muskism: A Guide for the Perplexed. Selon lui, la sortie d’Elon Musk s’inscrit dans une logique géopolitique selon laquelle le soutien à des mouvements sécessionnistes, mais aussi à des partis d’extrême droite en Europe, pourrait lui permettre d’affaiblir les structures qu’il perçoit comme des obstacles à l’expansion de ses entreprises.
D’autres chercheurs, comme le spécialiste de la politique américaine Luc Laliberté, croient que les déclarations de Musk s’inscrivent dans une stratégie de « diviser pour régner », à l’image de celle adoptée par plusieurs membres de l’administration Trump. En effet, les trois provinces ciblées par Musk regorgent de ressources naturelles prisées par les États-Unis, comme le pétrole en Alberta. Selon Laliberté, Musk reprend les idées de l’administration Trump, avec laquelle il semble s’être réconcilié.
Des réactions politiques contrastées
Rapidement, les différents premiers ministres du Canada ont réagi en condamnant les propos de Musk. Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a déclaré le lendemain que seuls les Canadiens ont le pouvoir de décider de leur avenir et de leurs priorités. Pour sa part, Danielle Smith, première ministre de l’Alberta, a affirmé qu’elle était opposée à l’indépendance de sa province et que l’attention portée par Carney aux inquiétudes des Albertains avait affaibli le mouvement souverainiste albertain. Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, s’est contenté de répondre « No. » à la déclaration de Musk. Toutefois, le premier ministre du Québec, PSPP, ne s’est pas prononcé sur le sujet.
Certains pourraient croire que la sortie de Musk constitue une tentative de sa part de se débarrasser des obstacles à l’expansion de ses entreprises, ou qu’elle peut servir de miroir aux objectifs de l’administration Trump. Quoi qu’il en soit, ses déclarations soulèvent des questions sur les intérêts américains dans les mouvements séparatistes au Canada et sur les conséquences potentielles d’une dislocation du pays. Elles rappellent également que les débats sur l’indépendance du Québec et de l’Ouest canadien ne se limitent pas aux enjeux politiques internes, mais peuvent aussi s’inscrire dans des rapports de force internationaux.
Collin, Mina. 2026. « Musk en faveur de l’indépendance du Québec: une sortie pour renouveler sa « bromance » avec Trump ». Le Journal de Montréal, 8 octobre 2026. Musk en faveur de l’indépendance du Québec: une sortie pour renouveler sa « bromance » avec Trump | JDM.
Gollom, Mark. 2026. « Trolling or part of a larger plan? Why Elon Musk waded into the separatism debate ». CBC, 10 octobre 2026. Trolling or part of a larger plan? Why Elon Musk waded into the separatism debate | CBC News.
Thériault, Jean-François. 2026. « Elon Musk se dit en faveur de l’indépendance du Québec ». Radio-Canada, 7 octobre 2026. Elon Musk se dit en faveur de l’indépendance du Québec | Radio-Canada.
AP News. 2026. « Carney says Canadians will decide their future after Elon Musk expresses support for separatism ». AP News, 8 octobre 2026. Carney pushes back after Musk voices support for Canadian separatism | AP News.
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