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Le Parti Québécois: 50 ans d’histoire et de transformation

Selon un sondage de 1008 répondants datant du 30 août, le Parti Québécois (PQ) de Paul St-Pierre Plamondon est en tête avec 29% des voix. Ce sondage représente seulement une toute petite partie du Québec soit moins de 0.1% de la population totale de la province, alors ces résultats sont à prendre avec un grain de sel. Toutefois, la popularité du PQ rappelle l’époque où le parti a été élu pour la première fois, il y a 50 ans. C’est pourquoi il est intéressant de faire un retour historique sur le parti car il ranime un grand débat au sein de la province francophone.

Les référendums de 1980 et 1995

Le Parti Québécois est le résultat de la fusion du Mouvement Souveraineté-Association (MSA) de René Lévesque et de deux partis politiques indépendantistes: le Ralliement national (RN) et le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN). Le parti gagne les élections pour la première fois en 1976 soit huit ans après sa création en 1968. Lévesque déclenche un référendum* en 1980 dans l’intention de faire une souveraineté-association. La souveraineté-association est une expression qui suggère une association entre deux États indépendants découlant d’une entente conclue conformément au droit international et limitée au domaine économique. En d’autres mots, Lévesque, dans l’option où le référendum passe, avait l’intention de faire du Québec un pays indépendant sur le plan politique tout en gardant un lien économique avec le Canada. Par exemple, le Québec aurait continué de partager le dollar canadien et les échanges commerciaux entre les deux États auraient été protégés. De plus, le gouvernement Lévesque portait une grande importance aux relations avec les Autochtones au sein du Québec. Il s’est mis à la rencontre de plusieurs nations tels que les Cris et les Inuits. 

Le référendum de 1995, par le gouvernement Parizeau, n’est plus caractérisé par une souveraineté-association, mais plutôt par un partenariat économique. En d’autres mots, si le OUI avait gagné, mais que les négociations entre le Québec et le Canada échouent, l’indépendance du Québec aurait été moindrement affectée puisqu’elle ne dépend pas du Canada, elle est complètement indépendante politiquement. Ici, la souveraineté-association de 1980 réfèrait plutôt à un nouvel accord confédéral entre le Québec et le Canada.

Le Parti Québécois en 2026

Aujourd’hui, le chef, Paul St-Pierre Plamondon, cite dans le Livre Bleu que l’indépendance du Québec ne sera pas influencée par la souveraineté-association. Il propose plutôt des voies de collaborations avec un voisin (le Canada) où les deux États partagent le désir de rester en bon terme. Pour donner un exemple, le parti propose une libre circulation entre le Québec et le Canada comme l’espace Schengen en Europe. Un canadien qui circule au Québec ne pourra pas s’installer de manière permanente, il sera considéré comme touriste. Également, les immigrants canadiens ne pourront pas s’établir au Québec, et seront considérés comme visiteurs qui séjournent pour une durée limitée. De cette manière, le Québec gardera sa souveraineté concernant toutes les personnes qui vont entrer sur son territoire.

Toujours selon le Livre bleu, le PQ ne voit pas d’avantage à installer une union monétaire avec le Canada. En d’autres mots, le Québec ne partagerait plus le dollar canadien avec le reste du Canada. En outre, le PQ imagine créer sa propre monnaie québécoise, et ce par une nouvelle institution: la Banque du Québec. Ainsi, le Québec sera plus stable économiquement et plus indépendant face aux effets négatifs de l’économie canadienne. 

En 2024, le chef péquiste s’est rallié avec la décision de la Cour suprême d’accorder la pleine autonomie gouvernementale aux Autochtones en matière de protection de l’enfance et il cite : « Nous, au Parti québécois, on est en faveur d’abord et avant tout du principe d’autodétermination des peuples autochtones.» De plus, dans son livre bleu, le PQ explique qu’il vise une co-construction d’un Québec indépendant avec les différentes nations autochtones. Cependant, le chapitre n’est toujours pas disponible.

Le 30 août, Paul St-Pierre Plamondon a annoncé qu’il voulait étendre la loi 101. Cette loi, qui officialise la langue française sur le territoire, a été mise en place en 1977 sous le gouvernement de René Lévesque et deviendra plus tard, ce qu’on appelle, la Charte de la langue française. Avec cette loi, Lévesque ouvre la porte aux scénarios multiples. Par exemple, Paul St-Pierre Plamondon souhaite étendre cette loi aux cégeps, aux enfants d’immigrants temporaires et souhaite resserrer les critères de français dans les examens du ministère de cinquième secondaire.

Conclusion

Le Parti Québécois évolue selon son contexte sociopolitique, les mesures du PQ actuel divergent des anciens gouvernements, mais suivent tout de même une trajectoire semblable. Bref, le chef péquiste laisse ses lecteurs avec sa définition de l’indépendance québécoise: «L’indépendance est d’abord et avant tout une quête de liberté pour les citoyennes et citoyens. Il ne s’agit pas d’obtenir l’indépendance de l’État en tant qu’entité distincte, mais plutôt celle de la population québécoise, qui agit collectivement au moyen de son propre État. Il s’agit de devenir pleinement responsable de nous-mêmes, afin de mieux collaborer avec les autres.»

*Un référendum est une « Consultation prévue par la loi qui permet aux citoyens d’un État de se prononcer, par un vote, sur une mesure proposée par le pouvoir exécutif ». Un référendum est souvent émis sous forme de question par un gouvernement à ses citoyens afin de connaître leurs avis sur un sujet spécifique. Aussi appelé « consultation populaire », un référendum ne passe que s’il a au moins un total de 50% +1 des voix.

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